L'art contemporain dans la mode. Ou le contraire.










J'ai toujours placé au-dessus de tout le respect de ce métier, qui n'est pas tout à fait un art mais qui a besoin d'un artiste pour exister.
Yves Saint Laurent






La fondation  Pierre Bergé-Yves Saint Laurent et le Petit Palais ont présenté du 11 Mars au 29 Août dernier, pour la première fois, une rétrospective sur l'intégralité de l'oeuvre du créateur Yves Saint Laurent, depuis ses débuts chez Dior en 1958, jusqu'à ses magnifiques robes du soir de 2002, date à laquelle il mit un terme à sa carrière. En 40 ans de création, Yves Saint Laurent a révolutionné la garde-robe de la femme en empruntant le smoking, le tailleur pantalon et la saharienne au vestiaire masculin pour en vêtir les femmes. Il fait alors passer les attributs du pouvoir d’un sexe à l’autre. Entretenant un dialogue permanent avec l’art, Yves Saint Laurent n’a cessé “de faire de la mode une fête”.

La mode s'installe plus que jamais dans les musées. C'est donc l'occasion pour nous de faire un tour d'horizon des rapports complexes entre les champs de l'art et de la mode.

Si la mode contribue à fabriquer l'esprit d'une époque, l'art est peut-être, en revanche, ce qui le saisit le mieux.Jill Gasparina

Si la première regroupe aussi bien la haute couture que les arts décoratifs, dont les tendances oscillent entre imagination des créateurs et goût du consommateur, l'artiste, lui, se doit de poser un regard distancié sur son temps pour en extraire l'esprit. Au vu des nombreuses interactions entre les deux champs, les rôles ne sont manifestement pas si clairs. En tant qu'expression de l'esprit d'un temps, la haute couture possède une dimension patrimoniale importante qu'il faut conserver, aux côtés des arts décoratifs. Plusieurs musées leur sont dédiés, qui remplissent une mission de conservation et d'archivage. Naturellement, la question de la création contemporaine et les conditions de sa mise en valeur se posent, puisque ce sont là les rôles de ces institutions. C'est pourtant une création singulière, qui n'a pas besoin de soutien puisqu'elle est portée par l'industrie de la mode, qui ne répond pas aux critères esthétiques habituels, mais qui fait pourtant preuve d'une indéniable démarche artistique. Au fil du temps et des nouveaux enjeux incarnés par la mode, le propos des musées sur le sujet a changé. Cette relation ambiguë traduit bien les nombreuses interactions plus globales entre les champs de l'art et de la mode. Chacun cherche manifestement quelque chose chez l'autre, les rôles s'inversent et s'échangent, au point que l'on ne sait plus très bien qui fait quoi, qui tire profit de l'autre et pourquoi. À dimension créative égale, le rapport ne l'est pas forcément et l'art risque d'y perdre des plumes.


Valentine

Karl Lagerfeld et les 3 Suisses / Une union atypique mais fructueuse

Qui l'eut cru ? Le photographe de mode et créateur de la maison Chanel s'associant au géant de la vente de prêt-à-porter par correspondance ? Non, vous ne rêvez pas, Karl Lagerfeld et les 3 Suisses associés pour le catalogue Automne / Hiver de ce dernier, c'est du concret...





Avec lui, Chanel va toujours plus loin, toujours plus grand et luxueux, mais ce n’est pas surprenant non plus de retrouver Karl Lagerfeld cet hiver, de notre catalogue des 3 Suisses. En effet, il n’en est pas à son premier coup, étant que c’est lui qui a initié avec H&M les premières collaborations entre les marques de grande consommation de prêt-à-porter et l’univers magique et Ô combien élitiste des maisons de Haute Couture. 

Mis à part H&M, on se souvient très bien de sa campagne pour la sécurité routière avec son gilet fluorescent qu’il déclarait être un «must-have», mais aussi de la bouteille de Coca-Cola Light, designée par ses soins (voir photo ci-dessous). Mais le catalogue des 3 Suisses tout de même ! Ma grand-mère s’habille chez eux tout de même... Pourquoi les 3 Suisses Monsieur Lagerfeld ? Tout simplement parce que selon lui, «être présent aux deux extrémités du marché du marché est le comble du luxe». 

Il ne faut pas se leurrer hein, si le chevalier Karl vient à la rescousse du pauvre petit catalogue des 3 Suisses, c’est une question d’argent avant tout. Et ça marche plutôt bien ! Si je peux en parler, c’est que j’ai été victime de leur association machiavélique pour le profit... En photographiant une série de vêtements signés «3 Suisses Collection», il leur a donné une légitimité, c’est exactement comme s’il déclarait «c’est bon les filles, Papa Karl est OK pour que vous portiez ça». Aussitôt dit, aussitôt fait, voilà les jolis escarpins noirs ajourés des 3 Suisses dans mon dressing ! Je suis une victime mais honnêtement je ne crois pas être la seule. 

Le Must absolu du catalogue, je dirais que c’est la photographie où Karl se tient nonchalamment sur une machine à laver qui devient quasiment aussitôt objet de désir (mais j’ai déjà une machine à laver...). Karl Lagerfeld est une sorte de professionnel de la communication, qui sait à merveille jouer avec son personnage telle une marionnette et qui réussit en plus de tout cela, le défi de nous faire porter après nos dix ans et demi, des fringues de chez les 3 Suisses. Karl, notre porte-monnaie te rend hommage ici. 





Laura

Témoin / Charlotte Le Stum-Meyer, créatrice du Vestiaire de Jeanne et du Vestiaire de Clé

Charlotte Le Stum-Meyer est une créatrice exceptionnelle que je tiens à faire découvrir sur ce blog. Je pense en effet qu'au delà d'un simple vêtement, Charlotte crée des "oeuvres-à-porter". Ses vêtements sont à la fois très sobres et totalement novateurs, mais aussi intemporels et souvent ludiques. Voici son histoire et celle de ses deux marques : le Vestiaire de Jeanne pour les enfants, et le Vestiaire de Clé pour femme. C'est avant tout une histoire de famille, de la complicité des soeurs Meyer que nous raconte Charlotte dans cette interview.











Parle-nous de tes créations et de ta démarche. 
Je crée des vêtements "haut de gamme" pour enfants et femmes.
Mes créations sont assez sobres, fortes et intemporelles.
Les coloris utilisés sont invariables de saison en saison et sont très neutres : blanc, naturel, gris et noir.
J'attache beaucoup d'importance à la provenance et la qualité des tissus et de la production. Tout est fait en France.

Ma démarche de création est la suivante :
1. Je cherche un thème de collection. Il s'impose souvent naturellement en fonction d'évènements, expositions, films, voyages, découvertes, que je fais.
2. Je recherche des tissus qui correspondent à l'idée générale de la collection.
3. Je dessine les différents modèles qui composerons la ligne et en annule ou ajoute certains pour qu'il y ait une cohérence et une unité dans la collection.
4. Les prototypes sont faits par mon atelier principal, puis essayés et validés ou modifiés
5. Nous faisons une séance photo pour présenter les modèles à la presse et aux acheteurs. Toutes les photos sont faites sur le même enfant, ma soeur, qui est l'image, l'identité de la marque. 



A quels artistes ou créateurs pourrait-on comparer ton travail ? 
On me dit souvent que mon travail est très japonais.
Mon style se rapproche en effet de créateurs japonais comme Yohji Yamamoto, Comme des garçons, ... ou de créateurs belges.
Je pense que ces comparaisons sont dues au minimalisme de mes silhouettes et la notion de féminité n'est pas interprétée de façon très européenne.



Tes créations sont au delà de simples vêtements, de vraies créations comparables à des oeuvres d'art. En quoi penses-tu que l'art et la mode sont fait pour cohabiter et travailler ensemble ?
Je ne pense pas que la mode puisse toujours être comparée à l'art.
Cependant, lorsque la création de vêtements résulte d'une démarche expérimentale, d'une véritable recherche et de l'interprétation d'un univers, d'une vision, le vêtement peut être considéré comme une oeuvre d'art.
Certains créateurs comme Junya Watanabe ou Rei Kawakubo font des vêtements qui sont de véritables oeuvres d'art. Ces pièces, souvent très peu portables, reflètent un travail et une vision extraordinaires.

Les interactions entre le monde de l'art et celui de la mode sont très régulières et intéressantes pour plusieurs raisons.
Tout d'abord, les créateurs sont très sensibles à la création, sous toutes ses formes.
Ensuite, ils ont besoin de créer beaucoup et à dates imposées (présentation des collections). Je pense qu'ils ont donc en recherche constante d'inspiration, de nouveauté, d'expérimentation, ...





Toi, personnellement, dans l'idéal, avec quel artiste aimerais-tu créer une collection ? 

Je n'y ai jamais pensé, et je ne suis pas sûre de pouvoir créer une collection avec quelqu'un. Lorsque je crée une collection, j'ai une idée très précise de ce que je veux. Une vision nette du rendu final. Même si beaucoup de gens, couturières, ..., travaillent sur la collection, j'ai l'impression d'être la seule à avoir une vision globale et à savoir comment tout cela va s'emboîter.
Je ne suis pas sûre de pouvoir et de vouloir partager cette vision avec un autre "artiste".

Ce qui m'intéresserait par contre, serait de travailler avec des artistes sur la représentation de la collection. Car cette partie du travail d'un créateur (la présentation des vêtements et d'un univers) me semble au moins aussi importante que la création des vêtements.

J'aimerais beaucoup travailler avec des chorégraphes, réalisateurs, photographes ou des peintres. 


Quel artiste t'inspire le plus, et pourquoi ? 
Je ne pourrais pas donner un nom en particulier.
Mon inspiration pour une collection représente un univers, un ensemble d'images de photos, de tableaux, de chansons, .... qui représentent parfaitement un moment précis.

Mon point de départ pour la collection été 2011 était un film de Wim Wenders sur Yohji Yamamoto.
Ma collection automne-hiver 2011/2012 est inspirée d'une série de photos d'Irving Penn, appelée "les petits métiers".





Le Vestiaire de Jeanne





Laura

Mondrian & la Mode : un Amour fusionnel !

Piet Mondrian a totalement révolutionné l'art, avec ses figures abstraites, ses lignes noires et ses trois couleurs primaires : bleu, rouge et jaune. Mais même s'il est actuellement exposé, avec le mouvement De Stijl, au Centre Georges Pompidou (du 1er Décembre 2010 au 21 Mars 2011), Mondrian s'est échappé bien souvent des musées pour fricoter avec sa copine la Mode, comme avec Sylvie Fleury, dont on vous a déjà parlé, qui reprend les mêmes motifs et les tapisse de fourrure colorée à poils longs. Aujourd'hui, j'ai envie de vous parler d'une robe révolutionnaire, et d'une paire de baskets, purement Mondrian !










La robe Mondrian, par Yves Saint-Laurent

Présentée pour le défilé automne-hiver 1965, en rupture avec les autres maisons de couture qui travaillaient encore sur des coupes dessinant la taille de la femme, Yves Saint Laurent crée cette robe droite à l’imprimé inspiré de l’œuvre de Mondrian. Une audace, qui lui vaudra les éloges de la presse américaine et le surnom de « Roi de Paris ».
Elle reprend les mêmes motifs, et les mêmes principes d'asymétrie, ceux de Mondrian et réussit l'exploit de révolutionner la mode avec l'aide d'un révolutionnaire activiste de la peinture. C'est une robe qui est entrée dans la légende...










La basket Dunk Mondrian, par Nike

Le géant américain Nike qui s'inspire de Mondrian est une première, un évènement dans le monde de la chaussure, et plus largement de la Mode. Même si les lignes ne sont plus des lignes droites - ce qui est plutôt difficile avec des chaussures cependant -, l'idée des trois couleurs primaires séparées par d'épaisses bandes noires subsiste et cela ne fait aucun doute : il s'agit bien là d'un hommage à l'Art, un hommage au génie créatif de Mondrian.



Laura

"Fashion!" au Fotografiska Museet à Stockholm

Si jamais l'envie vous prend de faire un petit tour du côté de la capitale norvégienne, vous, amis de l'Art et de la Mode, ne ratez surtout pas l'exposition "Fashion!" au Fotografiska Museet. 



L’exposition «Fashion!» au Fotografiska Museet propose un bel aperçu de la photographie de mode depuis ses débuts dans les années 1920 jusqu’à nos jours. Cela nous donne l’occasion à nous aussi de faire un bref résumé de l’histoire de la photographie de mode, que l’on voit partout aujourd’hui, dans le métro, sur internet, et dans les musées.
La photographie de mode apparaît en réalité autour de 1850-1860. Mais il s’agissait en fait de femmes du monde qui posaient pour un photographe dans une toilette de couturier. Mais le but ultime n’était pas la photographie mais la tenue elle-même : il n’y avait aucune pose particulière ni de mise en scène, le nom du photographe n’apparaissait même pas dans les magazines !
Dans les années 1920, la photographie de diversifie, fait preuve de plus de fantaisie, mais reste encore très basique. De nombreux photographes s’intéressent alors à la mode, qui sera la représentation des tendances de l’entre-deux-guerres. Après la Seconde Guerre Mondiale, la domination des Etats-Unis sur l’Europe ruinée se concrétise dans la photographie de mode par l’avènement de photographes tels que Richard Avedon (qui a eu l’honneur d’une rétrospective au Musée du Jeu de Paume en 2008) ou encore Irving Penn
Dans les années 1960, on assiste à une montée des modèles moins conventionnels tels que Twiggy, et les photographes deviennent de véritables stars. C’est aussi l’époque de la révolution sexuelle, et de l’émancipation des femmes qui sera largement représentée par la photographie de mode. 
C’est ainsi qu’à la fin des années 1980, le vêtement est devenu un simple prétexte dans la photographie : la photo doit transmettre une atmosphère et le vêtement n’est évoqué que furtivement. Le marché de la photo ainsi que les expositions font sortir la photographie de mode de son statut commercial et lui confèrent ainsi un statut d’oeuvre d’art.


L’exposition «Fashion!» à Stockholm expose environ 200 oeuvres qui ont marqué cette histoire fascinante et nous guide dans une exaltante odyssée des diverses tendances de la photographie de mode, à travers des oeuvres de Man Ray à Helmut Newton, en passant par Horst P. Horst ou encore Edward Steichen. Seule la photographie de mode est capable de capturer l’essence d’une génération, ses désirs et ses rêves.




Fashion!, Fatografiska Museet, Stockholm,
Du 24 Septembre 2010 au 9 Janvier 2011.



Laura

Hedi Slimane. Mode mais pas que ...

Né le 5 Juillet 1968 d’un comptable tunisien et d’une couturière italienne, Hedi Slimane, est un styliste et un photographe français dont le nom est devenu aujourd’hui synonyme de conquête et d’ascension sociale. 


Dès son adolescence, le jeune Hedi confectionne ses propres vêtements, car la carrure des habits en magasin est trop large pour sa fine silhouette. Même s'il prend beaucoup de plaisir à ces travaux de couture, son esprit vif et son intérêt pour le monde qui l'entoure le poussent vers une carrière journalistique. Direction Hypokhâgne donc, où il prépare son entrée à l'institut d'Études Politiques de Paris. Puis il modifie sa trajectoire, et intègre l'école d'Histoire de l'Art du Louvre. Là-bas, il redécouvre sa passion pour la création et pour les tissus, et ses différentes rencontres le font basculer vers la mode. 
En 1992, il devient donc l’assistant de Jean-Paul Picart, attaché de presse de renom et associé fondateur de la maison Christian Lacroix. Pendant 5 ans, à ses côtés, il occupe différents postes en coulisse, notamment sur le projet du centenaire de la toile monogramme de Louis Vuitton. 
C’est en 1997 que tout s’envole, lors de son arrivée quelque peu inattendue à la direction de la ligne de prêt-à-porter masculin d'Yves Saint Laurent. C'est une occasion en or pour ce jeune homme encore étudiant quelques années auparavant. En effet, un tel choix de la part de Pierre Bergé attise les curiosités, et tous les yeux se tournent vers la nouvelle recrue : Slimane est attendu au tournant de sa première collection. Celle-ci sonnera les trompettes de la victoire pour notre jeune styliste, qui réussit en un tour de main à conquérir tous les coeurs y compris celui du public qui tombera amoureux de l'univers dandy moderne du créateur.
Cependant, en mars 2000, lorsque le groupe Gucci rachète Yves Saint Laurent, Hedi Slimane quitte la maison pour accepter le poste de directeur artistique chez Christian Dior pour la collection Dior Homme. Là encore, le défi est de taille pour Slimane, car jusqu'ici l'enseigne n'avait pas de ligne Hommes, et il doit déterminer quelle sera l'image de Dior au masculin. Il installe donc un atelier de travail rue François Ier, s'entoure de personnes de confiance et peu à peu, l’esthétique Slimane se précise. Son premier opus Dior sera un véritable bijou et il réussira à inventer pour la marque une nouvelle vision de l'élégance masculine.
En juillet 2007, Hedi Slimane décide de ne pas renouveler son contrat Dior Homme, arrivé à échéance, et lance sa propre griffe, qui proposera un vestiaire aussi masculin que féminin cette fois, car les femmes, qui raffolaient du nouvel homme créé par Slimane, n'hésitaient pas à s'approprier son vestiaire masculin. Son envie de dessiner pour elles est donc devenue de plus en plus forte. Ses collections sophistiquées en noir et blanc deviennent rapidement une référence en terme de couture de luxe.
Mais sa créativité bouillonne, et aspire à s’exprimer à travers d’autres biais. Il débute alors une nouvelle ère. Il avait déjà été architecte pour les boutiques Dior, et le voici désormais photographe. 
Passionné de rock, il déjà avait publié en 2004 « Stage », un recueil de clichés de différents groupes de musique underground, et en 2007, il commence son projet « Young American » dont le but est de présenter en un même lieu l’ensemble de la jeune scène artistique new-yorkaise. Il organise alors une exposition collective, « Sweet bird of youth », chez Arndt and Partners, à Berlin en Juin 2007 qui sera ensuite présentée au FOAM Museum à Amsterdam en juillet 2007.

Il crée également pour le groupe de musique électronique Daft Punk les costumes de robot arborés pour leurs apparitions publiques, et effectue un shooting de la chanteuse Courtney Love, intitulé « Courtney Love by Hedi Slimane : portrait of a Performer ». Il présente en 2008 en Espagne « Perfect Stranger », exposition qui relate l’univers du festival de rock de Benicassim. 

Il a également participé il y a peu au « Fashion film » initiée par The Corner.com qui a demandé pour sa seconde édition à Hedi Slimane de se mettre derrière la caméra. Intitulé « I Love USA », le court métrage revisite le mythe américain et met en scène la vision idéalisé des Etats-Unis du créateur-photographe. Il s’inscrit dans l’univers intimiste de l’artiste.

Stylisme, architecture, cinéma et photographie, Hedi Slimane n’a donc pas fini de nous étonner, incarnant dans son vestiaire comme sur ses photographies une philosophie élitaire de l’élégance et assoiffée de perfection. 

On peut retrouver son œuvre photographique sur le site Hedi Slimane Diary où il met régulièrement en scène des personnalités telles que Pete Doherty, Kate Moss ou plus récemment, Robert De Niro. Toutes ces autres actualités sont accessibles sur le site www.hedislimane.com





Aujourd'hui, le Figaro le classe parmi les 50 trentenaires les plus influents en France. 
D'ailleurs cette influence n'est plus à démontrer. À partir du 25 février 2011, Slimane aura le monopole de la Galerie Almine Rech puisqu'il sera à la fois commissaire d'exposition de « California dreamin - Myths and legends of Los Angeles » à l'espace parisien et artiste exposé à l'espace de Bruxelles avec l'exposition « Fragments Americana », à laquelle il fait également participer Oscar Tuazon et Gus Van Sant. Rien que ça.




Fragments Americana, Hedi Slimane
Du 25 Février au 26 Mars 2011,
Almine Rech Gallery, Bruxelles.


California Dreamin - Myths and legends of Los Angeles
Hedi Slimane commissaire d'exposition,
Du 26 Février au 26 Mars 2011,
Galerie Almine Rech, Paris.



Valentine 

Rencontre avec...


Charles, du réseau artistique STAART.








Si tu devais te définir en quelques mots, que dirais-tu ?


Parler de soi est toujours une démarche complexe, et l'avis de mes proches est très partagé.
Ma vie professionnelle ne me laisse pas beaucoup de temps d'être présent pour eux. Malgré tout, ce qu'il en ressort, c'est que je suis quelqu'un de généreux, d'ambitieux, et d'une grande ouverture d'esprit.
J'aime aider les autres, c'est cet altruisme qui m'a permis d'en arriver jusque là.
De plus, je possède, je pense, une âme d'artiste. Je suis né dans une famille d'artistes, et j'ai tout de suite été plongé dans le monde de l'art. Durant mon adolescence, j'ai suivi une formation de danse classique au conservatoire. C'est cet enseignement qui m'a apporté rigueur et force dans mon travail.
Je ne suis pas très "business", j'entends par là que je gère mes projets comme un artiste devant son oeuvre: pas de plans ni de stratégie. Je travaille à l'instinct. Travailler avec moi n'est pas une tâche facile car je n'écris rien, ne laisse aucune trace, tout est dans ma tête.
C'est pour cela que nous ne sommes que très peu chez STAART; comme un artiste, je suis très solitaire.


STAART, qu'est ce que c'est ?


STAART, c'est un réseau composé de personnalité influentes des milieux artistique, médiatique, et culturel; ainsi que d'artistes qui ont pour objectif de faire évoluer le monde artistique et favoriser la jeune création, à travers la mise en place et la réalisation de projets concrets.
Je considère STAART comme une famille, et non comme une entreprise ou un "business".
Les membres, malgré leurs nombreuses responsabilités professionnelles, sont tous des bénévoles.
On peut qualifier STAART d'association à but non lucratif, nous nous rapprochons en quelque sorte du modèle d'une fondation humanitaire.
Nos objectifs sont complètement altruistes et désintéressés: nous soutenons et aidons nos membres à entreprendre leurs projets.
Les arts représentés chez STAART sont la musique, la mode, la photo, le cinéma, le graphisme et le spectacle.
Notre plus gros projet commun est la naissance il y a à peine un an d'une WebTV diffusant du contenu d'artistes indépendant. Notre réseau nous à permis de donner accès à des jeunes artistes à une visibilité unique, car outre que le fait que STAART TV soit suivi de près par les professionnels, notre trafic compte maintenant près de 1 millions de vidéos vues par mois.
Nous sommes également sollicités pour de la programmation, de la direction artistique (festivals, concerts), mais aussi pour être jury de concours.


Tu es le fondateur de STAART, en quoi consiste ton activité ?


J'ai monté ce lourd projet seul et il est vrai que je l'ai toujours été. Je touche donc à tout. Je n'ai pas de rôle particulier. Je fais tout: de l'administration à la communication.
Bien sûr je dois ma réussite au soutien et à la contribution des membres actifs de notre petite famille: Rod Reynolds, le directeur de l'agence d'évènementiels Dcontract, mais aussi Eric Briones, le directeur du planning stratégique de Publicis avec qui nous produisons l'émission "Le Cabinet des Curiosités" sur STAART TV, ou encore les attachés de presse qui m'ont ouvert de nombreuses portes comme Nadège Audiffren ou Anne-Laure Parmantier. 
Je considère que ce sont eux les vrais fondateurs de STAART, car sans eux, rien ne serait possible.


Qui de l’art ou de la mode y tient la plus grande place ?

Je ne pourrais répondre à cette question, car pour ce, il faudrait définir si la mode est considérée comme de l'art ? Je pourrais parler de ce sujet durant des heures. J'ai d'ailleurs assisté à une très bonne conférence sur ce sujet au Festival International de Mode et de Photographie de Hyères en 2010...


Raconte-moi ta dernière journée ?


Ma dernière journée ? C'est assez le rush en ce moment, nous sommes en pleine Fashion Week et Salon du prêt à porter (WhosNext), je cours un peu dans tout les sens, etje n'ai pas vraiment d'horaires. 
Sans parler des affaires courantes que je gère avec ma seconde entreprise, La Lune Bleue Production, qui gère la production exécutive de 200 artistes par an. Je passe mes journées à me battre pour que les droits des artistes soit défendus, car nous sommes malheureusement dans un métier ou il y a beaucoup de professionnels qui ne connaissent pas vraiment leur métier...
Ce soir je vais aller soutenir le premier concert de l'une de nos jeune artiste, Diane Sagnier, au Chacha. Je serai présent pour l'accompagner dans cette première aventure, l'encourager.


Quels sont tes projets d’avenir ?


Réussir à réunir tous les indépendants (Labels, artistes, média etc...) au sein d'une fondation commune afin de pouvoir faire face aux grosses industries.
Faire évoluer STAART TV et la faire reconnaitre officiellement comme le premier média alternatif par les autorités audiovisuelles. 
Etre la première plateforme de diffusion libre et gratuite regroupant tous les acteurs artistiques indépendants.
Soutenir de plus en plus la jeune création et agrandir notre famille.








Allez faire un tour sur...